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SAINT-MESMIN
1. Création
Située 4 km à l’aval d’Orléans, la réserve naturelle nationale de Saint-Mesmin, créée le 14 décembre 2006, remplace la réserve naturelle de l'île de Saint-Pryvé-Saint-Mesmin (créée en 1975 sous l'impulsion de François Larigauderie - http://francoislarigauderie.blogspot.com/) et son périmètre de protection (1996). Elle englobe aussi la Pointe de Courpain (boisement alluvial situé au confluent de la Loire et du Loiret) et les îles de Mareau. Beaucoup plus vaste (environ 263 ha), la réserve naturelle de Saint-Mesmin protège une flore, une faune et des milieux naturels très représentatifs de la Loire moyenne sur 7,5 km.

fichier : joe_20061216_0291_0045.pdf
2. Présentation
Le paysage ligérien varie en fonction des fluctuations du niveau d’eau : les îles et îlots peuvent être partiellement, voire totalement, recouverts par les plus hautes eaux annuelles alors que de vastes zones de vase, de sable et de gravier apparaissent en été. Leurs contours se modifient constamment au fil des crues qui permettent aux alluvions de s’accumuler derrière les obstacles végétaux. Les périodes de basses eaux favorisent par contre la croissance des arbres et arbustes.

La réglementation :

Quelques règles élémentaires sont nécessaires pour assurer la quiétude des animaux, la survie des plantes les plus fragiles et des milieux les plus sensibles.

Il est interdit :
- d'introduire un chien, même en laisse
- de chasser ou de déranger les animaux
- de détruire ou d’introduire des plantes,
- de déposer des ordures, de camper ou de faire du feu,
- de circuler avec un véhicule à moteur, d’approcher de l’île de Saint-Pryvé-Saint-Mesmin à moins de 30 m.

fichier : DEPLIANT-RESERNE NATURELLE.pdf
3. Un peu d'histoire
Ce secteur du Val d’Orléans était jadis une sorte de marécage envahi de broussailles où des chenaux issus de la Loire se mêlaient aux eaux du Loiret. Ce sont les moines qui, dès le Moyen Age, fondèrent l’abbaye de Micy, aménagèrent et assainirent le territoire alentour, barrèrent ces courants et établirent ici les premières digues afin de se mettre à l’abri des inondations.

Bien que les données bibliographiques soient absentes, on peut imaginer ce secteur insalubre comme un paradis pour les oiseaux. Les aménagements qui se succédèrent au fil des siècles éliminèrent les zones marécageuses et domestiquèrent les sites naturels.

Aujourd’hui ne subsistent plus que quelques secteurs sauvages : certaines portions de la rivière du Loiret, le site de la Pointe de Courpain, forêt alluviale à la confluence de la Loire et du Loiret, et bien sûr, l’île de Saint-Pryvé-Saint-Mesmin et les bords de Loire sur la rive gauche.

La physionomie de l’île de Saint-Pryvé-Saint-Mesmin a considérablement évolué depuis un siècle. Des gravures anciennes nous montrent une végétation basse, sans arbre. Aujourd’hui, l’abattage des arbres pour le bois de chauffage a cessé, Saules et Peupliers poussent dans la partie amont alors qu’une roselière est encore présente en aval.
4. Un peu de géologie
Les îles de la Loire sont constituées par l’amoncellement de dépôts alluvionnaires composés de sables et graviers (granulats des carriers). Ces dépôts reposent, dans notre région, sur un substratum calcaire. Celui-ci est bien visible en période de basses eaux, en amont de la réserve. Ce calcaire appartient à la formation de Beauce qui passe sous le Val de Loire, puis sous la Sologne au sud pour réapparaître çà et là au niveau de la Vallée du Cher.

Le calcaire de Beauce recèle en son sein l’une des plus importantes nappes d’eau souterraines de France. Aux abords de l'île de Saint-Pryvé-Saint-Mesmin, des résurgences de cette nappe sont visibles. On peut ainsi voir sourdre du lit du fleuve des panaches d’eau limpide entraînant des grains de sable. De très belles sources sont également visibles sur la rive droite de la Loire à La Chapelle Saint-Mesmin, au droit de l’île de Saint-Pryvé-Saint-Mesmin.

La formation des îles est mal connue. On invoque souvent le rôle joué par l’amoncellement de branchages et d’arbres morts qui permettent un premier dépôt d’alluvions sableuses. Le développement de la végétation favorise la fixation de nouvelles alluvions lors des crues moyennes. Outre les sables et les graviers, la Loire charrie aussi des éléments plus grossiers : cailloutis et blocs. Parmi ceux-ci on peut trouver des fossiles provenant des terrains sédimentaires amont (Berry, Nivernais…). Citons les oursins qui sont sans doute les plus fréquents, les fragments de bois (de couleur chocolat), les restes de coraux… On peut également observer des blocs de granite et des roches volcaniques provenant du Massif Central. Signalons aussi la présence dans les alluvions d’indices d’activités humaines préhistoriques : haches, pointes de flèches…
5. La faune et la flore
Une mosaïque de milieux :

La Loire a ainsi créé une grande diversité d’habitats naturels étroitement imbriqués. On peut passer, en quelques mètres, des milieux les plus humides aux milieux les plus secs, des plus jeunes, aux plus mâtures, la forêt à bois dur. C’est bien sûr l’instabilité du régime hydraulique de la Loire, sa puissance érosive et les matériaux qu’elle dépose qui permettent au milieu naturel de se rajeunir régulièrement, formant une mosaïque d’habitats abritant une multitude d’espèces végétales et animales.

La flore :

La variété des milieux a permis le développement d’une flore très riche et diversifiée, avec 558 espèces de plantes supérieures recensées dont 3 protégées au niveau national (Pulicaire vulgaire, Gagée des prés, Tulipe sauvage) et 5 au niveau régional (Limoselle aquatique, Pigamon jaune, Corydale à bulbe plein, Laîche de Loire, Scille d'automne).

Les plantes les plus remarquables se développent dans un milieu pionnier régulièrement balayé par les crues de la Loire. Ce sont presque toutes des annuelles qui apparaissent à la fin de l’été sur la vase en cours d’assèchement. La végétation clairsemée des bancs de sable et de gravier remaniés par les hautes eaux est adaptée à des conditions extrêmes : alternance d’humidité et de sécheresse, température pouvant atteindre 50°C au sol en été. On y observe la Corrigiole des rives, les Chenopodes botryde et fausse Ambroisie, le Plantain des sables…

La forêt alluviale, dans ses zones les plus fraîches, est dominée par le Peuplier noir et le Saule blanc.

On compte également 37 espèces de Bryophytes dont 3 d’intérêt patrimonial et 325 Champignons.

La faune :

Ont été recensées 294 espèces de vertébrés dont 29 poissons (Chabot, Bouvière, Saumon atlantique, Grande Alose, Alose feinte, Anguille, Loche franche, Epinochette...), 4 amphibiens (Grenouilles agile, verte, Crapauds commun, alyte), 7 reptiles (Lézard des murailles, Lézard des souches...), 226 oiseaux parmi lesquels 65 nicheurs (Petit Gravelot, Rousserolle effarvatte, Phragmite des joncs, Martin-pêcheur d’Europe, Bouscarle de Cetti...), 190 de passage (Chevalier guignette, Bruant des roseaux, Balbuzard pêcheur...) et 103 hivernants (dortoirs de Grands Cormorans...), 29 espèces de mammifères dont le Castor d’Europe et 13 espèces de Chiroptères.

Les invertébrés comptent 535 espèces dont 11 odonates, 35 Lépidoptères, 32 Orthoptères, 9 Hétéroptères, 180 Coléoptères, 41 Mollusques terrestres, 22 Mollusques dulçaquicoles et 205 espèces d’Araignées.

Castor et Chauves-souris :

Le Castor d’Europe a fait son apparition sur la réserve en 1983, suite à sa réintroduction en amont de Blois. Nocturne, il se laisse difficilement observer mais les traces de son activité sont nombreuses : arbres abattus en mine de crayon, branches coupées en biseau, rameaux écorcées. Le Ragondin est abondant et souvent confondu avec le Castor.

Les indices de présence de la Belette et du Putois sont régulièrement rencontrés. Les Chauves-souris sont nombreuses : on peut en observer plusieurs espèces chassant en vol les insectes lors des belles soirées d’été.

Héron et Martin-pêcheur :

Si certains sont visibles toute l’année comme le Héron cendré, à la silhouette voûtée, ou le Martin-pêcheur, le plus coloré de nos oiseaux, beaucoup d’espèces ne font ici qu’une brève visite. Située sur un axe de migration important, la réserve est une halte de choix pour les oiseaux qui y font escale au cours de leur voyage qui les conduit de la Scandinavie à l’Afrique : Hirondelles, Martinets, Fauvettes et Rossignols sont les plus abondants.

En été, lorsque la Loire est basse, le Chevalier guignette et la Bécassine des marais se nourrissent d’invertébrés qu’ils picorent dans la vase. Les roselières sont alors visitées par la Rousserolle effarvatte et le rare Gorgebleue, des migrateurs nocturnes qui se posent au petit matin.

Quand les brumes des soirs d’automne enveloppement les bords de Loire, les Bruants des roseaux se rassemblent en dortoir pour passer la nuit dans les roseaux.

L’hiver venu, les Grands Cormorans profitent de la quiétude de la réserve et regagnent chaque soir leur perchoir situé sur un îlot au milieu de la Loire.

Libellules et Coléoptères

Difficiles à observer, plusieurs espèces de Libellules de la réserve ne laissent qu’un indice fragiles de leur présence : l’enveloppe délicate de leur larve aquatique, émergeant au printemps, l’exuvie. Le Gomphe à pattes jaunes et le Gomphe serpentin sont deux espèces remarquables, protégées, rares et menacées en Europe.

Les grands Saules morts abritent toute une faune invertébrée cachée. Les larves de grands coléoptères jouent un rôle important dans la décomposition du bois et dans le cycle de la matière.
6. La gestion
Le plan de gestion est un document de référence qui fixe les orientations à long terme, définit les objectifs pour atteindre ces orientations et indique les outils à mettre en place. Rédigé sous la responsabilité du gestionnaire de la réserve naturelle, il résulte d’un travail d’équipe en concertation avec les acteurs concernés. Il est établi pour 5 ans et validé par le comité consultatif de gestion.

Après un premier plan de gestion de 1998 à 2003 et son évaluation effectuée en 2003, un deuxième plan de gestion pour 2003-2007 est en cours. L’extension récente de la réserve naturelle va nécessiter la rédaction prochaine d’un nouveau plan de gestion.

Les objectifs du plan de gestion ont été définis pour s’efforcer de maintenir ou de restaurer les phénomènes qui sont à l’origine de la diversité des milieux. On se contente donc le plus souvent d’accompagner l’évolution naturelle jugée favorable de la mosaïque des milieux présents au sein de la réserve, sous l’influence directe de la Loire.

Les objectifs du plan de gestion 2003-2007

1 – Conservation du patrimoine naturel
1.1 - Entretenir l’actuelle mosaïque d’habitats naturels caractéristiques de la vallée de la Loire et les espèces remarquables associées.
1.2 - Conserver et entretenir des micros milieux favorables à des petites populations d’espèces patrimoniales
1.3 - Développer la connaissance du patrimoine biologique de la réserve
1.4 - Poursuivre les suivis écologiques

2 - Objectifs complémentaires
2.1 - Entreprendre une réflexion sur un territoire élargi (projet d’extension)
2.2 - Développer le rôle pédagogique de la réserve
2.3 - Optimiser l’entretien et le fonctionnement
7. L'équipe de la réserve
L’équipe de la réserve naturelle nationale de Saint-Mesmin

Michel CHANTEREAU, conservateur
Damien HEMERAY, garde technicien
Agnès HERGIBO, animatrice chargée d'études
Christophe LARTIGAU, agent technique
8. Loiret Nature Environnement, gestionnaire de la réserve naturelle
Par convention passée avec l’Etat, la gestion de la réserve naturelle nationale de Saint-Mesmin a été confiée à l’association Loiret Nature Environnement.

Créée en 1945, l’association Loiret Nature Environnement s’est donnée pour mission de développer et vulgariser la connaissance fondamentale et appliquée des écosystèmes naturels régionaux.

Association loi 1901 de protection de la nature et de l’environnement, elle est affiliée à Nature Centre et à France Nature Environnement. Elle sensibilise et informe les différents publics et notamment les décideurs actuels (élus, administrations, entreprises ...) et futurs (scolaires, étudiants) sur le patrimoine naturel de notre région et les questions liées à l’environnement. Seule ou en partenariat avec l’État (Ministère chargé de l’Environnement) ou d’autres collectivités (communes, département, établissements publics, Conservatoire du Patrimoine Naturel, Région Centre...), elle préserve et gère les territoires et richesses naturelles les plus fragiles du département (réserve, arrêtés de protection de biotope, espèces patrimoniales ...). Son territoire d’activité couvre le département du Loiret.

L’association compte environ 800 adhérents, plusieurs dizaines de membres actifs assurant près de 5000 heures par an d’activités bénévoles, dans les domaines de la gestion, de l’animation et de la protection. Elle emploie 13 salariés et accueille plusieurs stagiaires chaque année.

Son siège social est localisé à la Maison de la Nature et de l’Environnement, 64 route d’Olivet, 45100 Orléans. Tél : 02.38.56.69.84. http://www.loiret-nature-environnement.org/
Pour contacter le personnel de la réserve : rn.saintmesmin@espaces-naturels.fr ou 02.38.56.90.63